Week-end dans l’univers de la BD à Izieu
Festival BD Max & Otto • 1ère édition

Le week-end du 18/19 avril se lançait la toute première édition du Festival BD Max & Otto. Ces deux journées étaient animées de tables rondes, conférences, séances de dédicaces et activités créatives. Les invités furent ravis et le public conquis. 

Un succès unanime

Des visages souriants, des regards passionnés et admiratifs, des rires… Ce week-end à la Maison d’Izieu, les visiteurs et les invités ont partagé toute une palette d’émotions. Les retours unanimement positifs encouragent les organisateurs à pérenniser le rendez-vous. Tous ont hâte de voir une seconde édition ! Et nous commençons d’ores et déjà à y réfléchir.

En créant ce festival, la Maison d’Izieu avait pour objectif de réunir un public divers autour de la bande dessinée et du roman graphique. Les équipes du musée-mémorial ont parfaitement conscience que la transmission de la mémoire doit aujourd’hui passer par différents médiums. L’art, de manière générale, a ce pouvoir ; le neuvième art est particulièrement adapté car il fait souvent fi des barrières que sont l’âge ou le niveau social. Avec le cinéma, la bande dessinée demeure l’un des arts les plus accessibles.

C’est ainsi que bédéphiles, amoureux d’histoire, familles et les amateurs de retrogaming se sont retrouvés à Izieu. En témoignent les nombreux dessins accrochés au mur et la fresque collective bien remplie dans la salle « À vos crayons ».

Des artistes engagés, abordables et captivants

Les invités de ce premier festival Max & Otto sont de « sacrés personnages » ! Bien que chacun revête une personnalité unique, ils ont en commun leur engagement sans faille, leur incroyable accessibilité et un sens inouï pour captiver le public.

Samedi matin, Jordan Mechner, premier à se confronter à l’exercice, ouvrait le festival avec une conférence sur la genèse de son roman graphique Replay, mémoires d’une famille. Pour le bonheur notamment des amateurs de retrogaming présents dans la salle (www.adjv.fr), il raconte comment il a révolutionné le jeu vidéo en utilisant des animations et la technique de la rotoscopie. Il explique les coulisses de la création de Karateka et Prince of Persia, la participation de son père et son frère filmés afin d’étudier leurs gestes et les reproduire pour ses personnages, la création de la musique originale par son père…
Il amène ensuite le public à se plonger dans l’histoire familiale faisant un parallèle entre sa propre vie et celle de son père, enfant pendant la Seconde Guerre mondiale.
Après avoir répondu à quelques questions, Jordan a rencontré le public pour des échanges plus personnalisés, quelques photos et les très attendues dédicaces.

En début d’après-midi, l’auteur et illustrateur de Grand-Père, Gilles Rapaport a poursuivi avec une conférence sur le fait de « raconter et dessiner la Shoah dans l’édition jeunesse ». Il explique comment son histoire familiale l’a amené à écrire ce livre sur cet homme qui a survécu aux camps de concentration. Il s’est ensuite emparé de l’histoire d’Izieu avec Rolande Cause en publiant Ita-Rose, Alex et Léon en référence à la famille Halaunbrenner, en illustrant le poème de Rolande Causse puis en participant au spectacle Les Enfants d’Izieu avec Lionel Belmondo.

Est ensuite arrivée la première table ronde du week-end. Animée par Alexandre Nugues-Bourchat, le directeur de la Maison d’Izieu, elle rassemblait autour de la table de nombreux invités : en visio, Marion Achard et Toni Galmès pour Lisou et Mylaine ; en présentiel, Valérie Villieu et Simon Géliot pour le livre La Muette ainsi que Jean-David Morvan pour notamment Irena et Simone séries composées en commun avec David Evrard.
Chacun a pu exprimer ses motivations profondes et ses inspirations pour écrire ou dessiner sur la thématique de la Shoah. En présentant leur processus créatif, ils ont décrit comment ils sont arrivés à des œuvres puissantes, porteuses de mémoire sans voyeurisme ni pathos.

Dimanche matin, Gilles Rapaport revenait pour partager avec la salle un instant de création et d’émotion. En direct, il a dessiné sur la bande son du spectacle des Enfants d’Izieu. Les spectateurs, ébahis de voir les dessins prendre forme, étaient ravis de pouvoir échanger avec l’artiste après sa prestation.

Malgré quelques problèmes techniques, Michel Kichka a fini par réussir à entrer en communication avec la salle. Après avoir parlé de son enfance et de ses goûts pour la bande dessinée notamment franco-belge, il a expliqué ce qui l’a mené à l’écriture de Deuxième génération, ce que je n’ai pas dit à mon père, puis à son adaptation en dessin-animé Les Secrets de mon père. Il est revenu également sur ses livres suivants Falafel sauce piquante et Au cœur du 7 octobre ainsi que son projet sur le génocide des Tutsis au Rwanda Why we dance.

La dernière table ronde regroupaient deux duos pour aborder le thème de l’adaptation : Isabelle Portheret et Olivier Balez avec Vous n’aurez pas les enfants, Sébastien Gnaëdig et Isabelle Merlet avec Enfant de salaud. À tour de rôle, les invités expliquaient l’état d’esprit dans lequel ils se trouvaient pour finalement créer une autre œuvre à partir d’une œuvre existante.

Des instants de création

Les séances de dédicaces étaient toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Les visiteurs étaient étonnés de voir le travail des illustrateurs, auteurs, coloristes et scénaristes prendre forme sous leurs yeux. Il était plaisant de les voir parcourir le musée pour collectionner les précieuses signatures. C’est un véritable spectacle que nous ont offert les invités du festival durant ces deux jours.

La salle À vos crayons fut également une grande réussite.
Les visiteurs, un peu timides au début, se sont rapidement pris au jeu sous l’impulsion des plus jeunes totalement décomplexés. Les participants, les artistes et les membres de l’équipe de la Maison d’Izieu ont laissé leur griffe sur la fresque. Se remplissant petit à petit au fil du week-end, cette œuvre collective reflète l’ambiance du festival. Comme convenu, elle sera exposée dans le verger cet été.

Avant d’arriver dans la salle, les yeux des visiteurs s’arrêtaient forcément sur l’exposition temporaire de planches originales. Penchés sur les vitrines, ils regardaient avec attention les détails des dessins des artistes présents.

L’activité Imagine l’histoire a récolté un grand nombre de scénarios, tous très intéressants.

Enfin le concours de mini-bd a réuni une vingtaine de participants dont des enfants de 4/5 ans. Il a donc été décidé de créer une quatrième catégorie pour les enfants de moins de 8 ans afin de rendre le concours plus juste. Après le vote du jury, composé des membres de l’équipe de la Maison d’Izieu et des artistes invités, les lauréats ont été désignés. Ils remportent tous un chèque cadeau de 30 € à utiliser dans la librairie du musée-mémorial et leur œuvre sera exposée durant l’été.

Pour la catégorie des enfants de moins de 8 ans : Emma, 7 ans

Pour la catégorie des enfants de 8 à 12 ans : Louis, 9 ans

Pour la catégorie des ados : Suzanne, 16 ans

Pour la catégorie adultes : Étienne

 

La Maison d’Izieu remercie tous les participants à ce premier Festival Max & Otto ainsi que les artistes : Olivier Balez, David Evrard, Simon Géliot, Sébastien Gnaëdig, Michel Kichka, Jordan Mechner, Isabelle Merlet, Jean-David Morvan, Valérie Portheret, Gilles Rapaport, Valérie Villieu, Marion Achard et Toni Galmés.

Cette première édition a été réalisée avec le soutien du Département de l’Ain et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.