Séminaire LADEC / Izieu • Passerelles de mémoire

Mardi 5 mai 2026, la 3ème séance du séminaire de recherche en partenariat avec le LADEC s’est déroulée à la Maison d’Izieu avec pour thématique « Passerelles de mémoire, la question du témoignage et de la transmission ».

La journée a débuté par une interview de la famille Adler (Edmond et Alfred étant d’anciens enfants d’Izieu), menée par Léah Boukobza, journaliste et réalisatrice du podcast Générations d’Après. Ce temps d’échange a permis de mieux comprendre le rapport qu’Emmanuel, Sabine et Guillaume, tous trois cousins, entretiennent avec l’histoire familiale, ainsi que la manière dont la deuxième génération se construit et transmet cette mémoire.

Un temps d’échanges entre Babeth Robert, directrice du Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane et Alexandre Nugues-Bourchat, directeur de la Maison d’Izieu a eu lieu ensuite avec pour thème « La mémoire au travail dans les mémoriaux aujourd’hui, après l’ère du témoin ». Ce moment a permis d’interroger les enjeux de transmission de la mémoire à une époque où les derniers témoins directs disparaissent progressivement, mais aussi de réfléchir au rôle des lieux de mémoire dans la sensibilisation des nouvelles générations.

L’après-midi, les participants ont eu le plaisir de visionner le film « Lune de Miel », en présence de sa réalisatrice, Élise Otzenberger. À l’issue de la projection, la réalisatrice a pris la parole pour revenir sur ses intentions et sa démarche artistique autour du thème « De l’art du témoignage ou le témoignage par l’art ». L’échange a ensuite été poursuivi avec Johanna Quillet, photographe plasticienne en résidence artistique à la Maison d’Izieu, permettant d’interroger les liens entre création artistique et transmission de la mémoire.

Cette séance a mis en évidence les enjeux contemporains de la transmission des crimes de masse, à l’heure où les témoins directs disparaissent progressivement. Elle permet de montrer que la mémoire se construit désormais à travers de multiples médiations (archives, œuvres, dispositifs pédagogiques ou artistiques) et qu’elle repose de plus en plus sur l’appropriation des nouvelles générations. En définitive, transmettre reste un enjeu essentiel pour préserver la mémoire des victimes et prévenir l’oubli et la répétition des violences.