Retour à Birkenau D’après le livre de Ginette Kolinka La compagnie A ContraTempo (ACT) porte à la scène le livre de Ginette Kolinka. Dans son récit, avec l’appui de Marion Ruggieri, journaliste, cette dernière revient sur son arrestation par la Gestapo, son passage au camp de Drancy, son incarcération au camp de concentration et centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau, son retour à Paris, seule, sans son père, son frère, son neveu. Adaptation et mise en scène Emily Lombi Avec Capucine Derval AUX ÉDITIONS GRASSET Arrêtée par la Gestapo en mars 1944 à Avignon avec son père, son petit-frère de douze ans et son neveu, Ginette Kolinka est déportée à Auschwitz-Birkenau : elle sera seule à en revenir, après avoir été transférée à Bergen-Belsen, Raguhn et Theresienstadt. Dans ce convoi du printemps 1944 se trouvaient deux jeunes filles dont elle devint amie, plus tard : Simone Veil et Marceline Rosenberg, pas encore Loridan – Ivens. Aujourd’hui, à son tour, Ginette Kolinka raconte ce qu’elle a vu et connu dans les camps d’extermination. Ce à quoi elle a survécu. Les coups, la faim, le froid. La haine. Les mots. Le corps et la nudité. Les toilettes de ciment et de terre battue. La cruauté. Parfois, la fraternité. La robe que lui offrit Simone et qui la sauva. Que tous, nous sachions, non pas tout de ce qui fut à Birkenau, mais assez pour ne jamais oublier ; pour ne pas cesser d’y croire, même si Ginette Kolinka, à presque 94 ans, raconte en fermant les yeux et se demande encore et encore comment elle a pu survivre à « ça »… Ce projet a reçu le soutien de l’AFMD (Association les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation) – aide à la diffusion ; de l’AFMA (Association Fonds Mémoire d’Auschwitz) – aide à la diffusion ; de la Mairie du 17e arrondissement de Paris. Le projet bénéficie également du label de la LICRA (Ligue Internationale contre le racisme et l’antisémitisme). INFORMATIONS PRATIQUES Horaire : 16h Durée : 1h20 environ Âge conseillé : à partir de 8 ans Tarifs : Plein – 15 € Réduit* – 10 € Jeunes 8-25 ans – 8 € Compris dans le billet : un accès au musée de 10h à 18h. Visite guidée de la maison à 14h30 en option (suppl. +3€) * Adhérents, personnes en situation de handicap, demandeurs d’emplois, les anciens combattants, les habitants d’Izieu, de Brégnier-Cordon et de Murs-et-Gélignieux, les clients sociétaires du Crédit Agricole Centre-est. RÉSERVEZ VOTRE BILLET Combined Shape « Moi-même je le raconte, je le vois, et je me dis c’est pas possible d’avoir survécu…» Ginette Kolinka Note d’intention d’Emily Lombi « Se taire est interdit, parler est impossible » disait Elie Wiesel à Jorge Semprun, mettant ainsi l’accent sur un paradoxe récurrent chez les rescapés des camps de concentration, celui d’être tendus entre « l’impossibilité métaphysique » de dire, comme l’explicitait Wiesel, et le devoir de transmission. Certes, les mots ne peuvent couvrir l’étendue de l’expérience inhumaine vécue par des millions de déportés, juifs, résistants, homosexuels, etc., néanmoins, ils établissent un pont entre passé, présent et avenir, tout en donnant une voix à ceux qui n’ont pas pu revenir. N’était-ce pas la volonté d’une mère, d’une soeur ou d’un proche de donner le relais de la parole, telle la mère d’Elie Buzyn qui lui demanda de tout faire pour survivre et d’aller raconter ce qu’il s’était passé alors qu’elle-même était déportée et allait être assassinée peu de temps après dans les chambres à gaz avec son mari et sa fille? N’était-ce pas également la promesse d’Esther Senot à sa soeur Fanny de s’en sortir pour « dire au monde ce que des hommes ont été capables de faire à d’autres » ? Dès la libération les récits se multiplient chez les survivants mais l’écoute se fait timide et les écrits peinent parfois à être publiés et à trouver des lecteurs face au besoin impérieux de tous de reprendre une respiration avant d’être capables de regarder en face l’inouï, d’entendre l’expression d’un enfer sur terre. D’abord refusé puis publié à faible tirage avant de rencontrer une résonance importante au début des années 60, soit une quinzaine d’années après son écriture, le livre de Primo Levi, Si c’est un homme, constitue un ouvrage charnière quant à la littérature de la Shoah, aux côtés de celui d’Elie Wiesel, La Nuit, ou encore du tristement célèbre Journal d’Anne Frank. Il faudra pourtant attendre les années 70 pour que les parutions se fassent plus importantes, élan certainement lié à une volonté de raconter de la part des rescapés, conscients d’être les derniers témoins d’une réalité inavouable mais indispensable à transmettre dans un devoir de mémoire notamment en réponse au courant négationniste émergeant. Si chaque témoignage offre une vision personnelle et unique de l’univers concentrationnaire, des éléments communs se détachent, telles l’obsession de la nourriture, la faim, la cruauté, l’humiliation, la déshumanisation. Comment décrire tant de souffrance? Comment mettre en mots ce sentiment d’avoir toucher l’abîme de l’humanité? Et pour celui qui reçoit le témoignage, comment croire l’impossible? « J’espère que vous ne pensez pas que j’ai exagéré, au moins ? », écrira Ginette Kolinka à la fin de son ouvrage Retour à Birkenau, interpellant ainsi le lecteur avec une pointe d’ironie. Dénué de toutes fioritures littéraires, ce texte à l’écriture vive et simple constitue la pierre angulaire du projet initié avec la comédienne Capucine Derval autour d’une envie commune de partager à notre tour et par le biais de l’art théâtral ce pan de l’histoire qui appartient à tous, juifs ou non juifs, enfants ou petits enfants de déportés. Partagez sur vos réseaux :