Séminaire de recherche LADEC – Maison d’Izieu Regards interdisciplinaires sur les crimes de masse – Anthropologie, Droit et Histoire « Témoins, témoignages, témoigner » – Séance n°3 Mardi 5 mai, de 9h à 17h30 à Izieu ou en webinaire Les crimes de masse impactent nos sociétés sur un temps long dépassant la génération touchée directement. Pour cette dernière séance du séminaire de recherche, la Maison d’Izieu et le LADEC de l’Université Lyon 2 abordent la thématique « Passerelles de mémoire, la question du témoignage et de la transmission ». À Izieu, se réuniront artistes, spécialistes des mémoriaux et témoins : Des membre de la famille Adler (Edmond et Alfred sont d’anciens enfants d’Izieu) Léah Boukobza, journaliste et réalisatrice du podcast « Générations d’Après » Élise Otzenberger, réalisatrice du film « Lune de miel » Babeth Robert, directrice du Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane Johanna Quillet, artiste plasticienne en résidence à la Maison d’Izieu Céline Sala-Pons, directrice du Mémorial du camp de Rivesaltes Programme 10h00 • Introduction 10h15 • Interview de la famille Adler par Léah Boukobza 11h25 • Projection du film Lune de Miel de Élise Otzenberger Synopsis : Anna et Adam, jeune couple de parisiens aux origines juives polonaises, partent pour la première fois de leur vie en Pologne. Ils ont été invités à la commémoration du soixante-quinzième anniversaire de la destruction de la communauté du village de naissance du grand-père d’Adam. Si Adam n’est pas très emballé par ce voyage, Anna est surexcitée à l’idée de découvrir la terre qui est aussi celle de sa grand-mère. Enfin… d’après le peu qu’elle en connaît. Les voilà partis à la recherche de leurs origines dans un voyage plein de surprises, durant lequel ils ne trouveront pas exactement ce qu’ils sont venus chercher… 13h00 • Échanges entre Élise Otzenberger et Johanna Quillet « De l’art du témoignage ou le témoignage par l’art » 15h10 • Échanges entre Céline Sala Pons, Babeth Robert et Alexandre Nugues-Bourchat « La mémoire au travail dans les mémoriaux aujourd’hui, après l’ère du témoin » 16h10 • Conclusion Informations pratiques Horaires 10h à 16h30 – Pause déjeuner de 13h à 14h Accueil à partir de 9h30 Pour participer à cette séance, deux possibilités : En présentiel à la Maison d’Izieu 35 rue Raulin 69007 LYON Pour assister à la journée, vous devez réserver votre billet en ligne. RÉSERVER SON BILLET En webinaire Les interventions seront retransmises en direct en webinaire. Si vous souhaitez le suivre, il vous suffit d’en faire la demande : page d’inscription. S’INSCRIRE À LA VISIO Vous pouvez accéder au replay des précédentes séances sur la page dédiée au séminaire de recherche : Regards interdisciplinaires sur les crimes de masse Propos de la séance Les crimes de masse – génocides, crimes contre l’humanité, crimes de guerre – marquent les sociétés de manière profonde et durable. Leur impact dépasse les générations directement touchées et soulève un défi essentiel : comment transmettre ces événements aux générations suivantes ? Cette transmission, qu’elle repose sur des témoignages directs ou d’autres formes de récits et de traces, constitue un enjeu historique, judiciaire, mémoriel et éthique. Si le témoignage demeure une ressource irremplaçable, il s’inscrit désormais dans une temporalité nouvelle : les témoins directs disparaissent progressivement, laissant place à d’autres médiations (archives, œuvres, commémorations, enseignement, récits littéraires ou artistiques, dispositifs numériques). La réflexion sur ce passage de la mémoire vécue à la mémoire transmise est aujourd’hui centrale, tant pour l’histoire que pour la justice et pour la prévention des violences de masse. Plusieurs entrées thématiques seront empruntées : Le témoignage comme mémoire vivante : entre travail et liberté Les enjeux et les fragilités de la transmission Le rôle des nouvelles générations : appropriation et réinvention En interrogeant les formes de transmission des crimes de masse, avec ou sans témoins, ce séminaire souhaite contribuer à un chantier crucial : penser comment les sociétés se souviennent, reconnaissent et transmettent l’expérience des violences extrêmes. Car transmettre, c’est non seulement préserver la mémoire des victimes et des survivants, mais aussi armer les générations futures contre l’oubli, le déni et la répétition des crimes.