Séminaire de recherche LADEC – Maison d’Izieu
Nommer les crimes de masse, le sens des mots

Cycle 3 – Séance 1
Dépasser la dichotomie bourreaux/victimes : comprendre les crimes de masse

Jeudi 10 décembre, de 10h15 à 16h
À Lyon ou en webinaire

Les crimes de masse ne sont pas seulement des événements en eux-mêmes pour eux-mêmes mais ils sont interprétés, débattus, utilisés. Les termes employés pour qualifier ces phénomènes ne se contentent pas de décrire une réalité. Ils contribuent à la construire socialement, à lui donner sens et à orienter les manières dont les sociétés s’en saisissent.

Ce cycle de séminaire propose d’explorer les enjeux de la nomination des crimes de masse. Au cours de trois journées-conférences, le LADEC de l’Université Lyon 2 et la Maison d’Izieu inviteront des spécialistes de plusieurs disciplines pour aller au-delà de la question des mots eux-mêmes et s’interroger également sur leurs effets.

Pour cette première séance, intervenants et participants seront invités à porter leur réflexion sur une question centrale : Dans quelle mesure la dichotomie bourreau/victime permet-elle de comprendre les crimes de masse, et comment la reconnaissance des victimes contribue-t-elle à la justice, à la mémoire et à la prévention des violences extrêmes ?

 

Intervenants : liste des intervenants disponible prochainement

Informations pratiques

Horaires
10h15 à 16h – Pause déjeuner de 12h à 13h30
Accueil à partir de 9h45

Âge conseillé
À partir de 16 ans
Séminaire gratuit à destination d’un public avisé

Pour participer à cette séance, deux possibilités 

• En présentiel sur le campus des Berges du Rhône de l’Université Lyon 2
5 rue Chevreul 69007 Lyon
Pour assister à la journée, vous devez réserver votre billet en ligne.

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•En webinaire
Les interventions seront retransmises en direct en webinaire.
Si vous souhaitez le suivre, il vous suffit d’en faire la demande : page d’inscription.

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Vous pouvez accéder au replay des précédentes séances sur la page dédiée au séminaire de recherche : Regards interdisciplinaires sur les crimes de masse

Introduction au cycle 3

Ce cycle de séminaire propose d’explorer les enjeux de la nomination des crimes de masse. Comment certaines catégories émergent-elles ? Qui les produit, qui les mobilise ou les conteste ? Quels rapports de force, quelles attentes et quels intérêts s’expriment à travers les luttes de qualification ? Entre savoirs savants, usages militants, discours institutionnels et revendications des victimes, la désignation des violences extrêmes apparaît comme un processus complexe et souvent conflictuel.

Au-delà de la question des mots eux-mêmes, ce sont leurs effets qui seront interrogés. Nommer un crime de masse transforme-t-il la manière dont il est perçu, mémorialisé ou transmis ? Une qualification favorise-t-elle la reconnaissance des victimes, la mobilisation internationale ou les demandes de justice ? À l’inverse, que produit l’absence de nomination, le refus de certaines catégorisations ou la concurrence entre les différents mouvements mémoriels et ou victimaires ?

En croisant les apports de l’histoire, du droit, de la sociologie, de la science politique, de l’anthropologie et des études mémorielles, ce cycle entend analyser la vie sociale des catégories qui servent à penser les violences de masse.Ainsi, l’expression « le sens des mots » invite à réfléchir au pouvoir des catégories et à interroger l’impossible neutralité des nominations : non comme de simples outils descriptifs, mais comme des acteurs à part entière des dynamiques de reconnaissance, de mémoire et de représentation de crimes de masse ; des mots qui guérissent et/ou qui blessent.

Propos de la séance

L’étude des crimes de masse repose souvent sur une dichotomie fondamentale entre bourreaux et victimes. Si cette opposition constitue un outil indispensable pour qualifier les violences extrêmes et établir les responsabilités, elle soulève également de nombreuses questions historiographiques, juridiques, mémorielles et éthiques. Qui est désigné comme bourreau ? Qui est reconnu comme victime ? Quels enjeux se cachent derrière ces catégories apparemment évidentes ?

Cette séance propose d’interroger le sens des mots employés pour décrire les violences de masse et leurs acteurs. Les termes de « bourreau », « victime », « complice », « témoin » ou encore « survivant » ne sont pas neutres : ils traduisent des choix de qualification qui influencent la compréhension des événements, les mécanismes de justice et les processus mémoriels. La reconnaissance des victimes apparaît ainsi comme un enjeu central, tant pour la réparation symbolique et juridique que pour la construction des mémoires collectives.

À travers des exemples tirés de différents contextes de crimes de masse (génocides, crimes contre l’humanité, violences de guerre), la séance examinera les tensions entre catégorisation, responsabilité et reconnaissance, afin de réfléchir aux usages et aux limites de la dichotomie bourreau/victime.