L’exposition permanente

L’exposition permanente est scindée en trois thèmes et s’appuie sur de nombreux documents d’archives et des ressources documentaires intégrées aux dispositifs numériques.

 

Thème 1 : Pourquoi des enfants juifs à Izieu ?

Ce premier thème présente le contexte historique de l’Europe de la Seconde Guerre mondiale et retrace le parcours des familles des enfants d’Izieu. Les histoires singulières des enfants de la colonie d’Izieu sont mises en regard de l’histoire des persécutions antisémites perpétrées par l’État français et du génocide des Juifs d’Europe par l’Allemagne Nazie.

Arrivés pour la plupart en France dans l’entre-deux-guerres, les parents de ces enfants sont originaires de toute l’Europe. En octobre 1940, ces familles sont frappées par les lois antisémites du régime de Vichy. La politique d’exclusion qui en résulte conduit d’abord les familles étrangères dans les camps d’internement français. Puis, à l’été 1942, l’Allemagne nazie négocie avec la France leur déportation. Grâce à l’action incessante des œuvres d’entraide, des enfants ont pu sortir des camps d’internement avant cette collaboration meurtrière.


Table numérique : Parcours des enfants et des familles

Grâce au travail mené par le Centre de documentation et de recherche, découvrez le parcours des familles des enfants de la Colonie d’Izieu à travers l’Europe dans une application rassemblant des documents d’archives et témoignages. La recherche continue sur le parcours des 105 enfants, découvrez-en déjà une quinzaine.

 

Thème 2 : Crime contre l’humanité

Au rez-de-chaussée, le jugement des criminels de guerre, les tribunaux militaires internationaux ainsi que le crime contre l’humanité sont traités de manière approfondie. Y sont évoqués les principaux collaborateurs français, ainsi que le procès de Nuremberg et celui de Klaus Barbie.

D’autres génocides et crimes contre l’humanité du XXe siècle sont mentionnés.

Dans la salle d’approfondissement, 4 écrans permettent de consulter des extraits du procès de K. Barbie et une table tactile donne accès à de multiples données sur les crimes contre l’humanité, consultables par séquences chronologiques ou par pays.

Après la guerre, vint le temps de la justice, l’étape indispensable, malgré ses insuffisances, voire ses ambiguïtés, pour établir les différents niveaux de responsabilité des criminels, mettre en lumière les mécanismes de la destruction conduisant des êtres humains à perpétrer des crimes contre d’autres humains et à violer l’ordre de l’humanité.

Dans cette partie, y sont abordés la constitution du Tribunal militaire international, les procès d’après-guerre dont le procès de Nuremberg de 1946 où est produit pour la première fois le télex relatant la rafle de la Colonie d’Izieu le 6 avril 1944, les procès des criminels nazis dont celui de K. Barbie en 1987.

Des crimes de masse avaient eu lieu avant la Seconde Guerre mondiale. D’autres ont été commis depuis, d’autres le sont encore de nos jours. Le XXe siècle est celui de la construction de la justice pour prévenir les crimes et lutter contre l’impunité.


Table numérique : Crimes contre l’humanité

Cette application rassemble les crimes contre l’humanité dans le monde commis depuis 1945 et questionne la place de la justice pénale internationale suivant les différents contextes politiques des pays.

 

Thème 3 : La mémoire et sa construction

En fin de parcours, à l’étage de la grange, l’exposition ouvre la réflexion à partir de l’histoire de la mémoire de la colonie d’Izieu, sur la construction de la mémoire, avec un éclairage européen sur cette construction et une approche comparée entre différents pays.

Dans les villages d’Izieu et de Brégnier-Cordon, depuis 1946, la mémoire de la colonie est restée vivante. Au fil des ans, les commémorations se sont succédé : hommages privés des familles ou des proches touchés par l’événement, cérémonies anniversaires officielles. Depuis son inauguration le 24 avril 1994 et jusqu’à la fin des années 2000, le mémorial d’Izieu a été le premier, et le seul lieu en France, dédié à la mémoire de la déportation et de l’extermination des enfants juifs.

La mémoire de la Shoah s’exprime à partir des années 1970 par la voix des victimes et de leurs descendants, par les associations et les parties civiles des procès, mais les monuments et les lieux dans lesquels elle s’incarne sont beaucoup plus tardifs. Partout, en France comme ailleurs en Europe, la construction de la mémoire suit des chemins plus ou moins complexes, intimement liés aux contextes politiques nationaux.

Cette dernière partie de l’exposition invite le visiteur à découvrir et réfléchir aux mécanismes de construction de la mémoire.

 

Expérience poétique immersive à 180° en réalité augmentée : Les lueurs d’Izieu

Installée dans la troisième partie de l’exposition permanente, Les lueurs d’Izieu est une expérience poétique et immersive à 180 degrés mêlant réalité augmentée et lightpainting. Loin d’une reconstitution historique, les trois épisodes de 5 minutes permettent de découvrir un pan de l’histoire de la vie à Colonie d’Izieu de façon poétique :

  1. La salle de classe reconstituée par le récit de l’institutrice Gabrielle Perrier.
  2. Le bureau de Miron est consacré à l’organisation du quotidien à la colonie.
  3. La façade de la Maison invite le visiteur à découvrir l’histoire de la rafle.

Une expérience immersive réalisée par Robin Shuffield et mise en lumière par Jadikan.

Une production Zorn Production International – Odoxo – Maison d’Izieu – Pictanovo. Avec le soutien du ministère de l’économie, des finances et de la relance, du ministère des armées, de la région Auvergne-Rhône-Alpes, du Centre national de la Cinématographie et de la Fondation Solidarités by Crédit agricole Centre-Est.

Reportage France 3 Rhône-Alpes

 

L’application : le procès K. Barbie

Dans la troisième partie de l’exposition permanente, accédez à l’application dédiée au Procès K. Barbie de 1987. Premier procès pour crime contre l’humanité en France en 1987, il ancre définitivement la rafle d’Izieu dans le paysage mémoriel français.

La Maison d’Izieu conserve plus d’une centaine d’heures du procès K. Barbie concernant l’affaire d’Izieu.