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HOMMAGE À

MAÎTRE ROLAND RAPPAPORT

Maître Roland Rappaport, juin 1998
Le Président, le Conseil d’administration, le Conseil scientifique et toute l’équipe de la Maison d’Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés, ont appris avec une profonde tristesse le décès de Maître Roland Rappaport, le 26 juin 2017 alors qu’il s’apprêtait à rejoindre la cérémonie d’hommage à Sabine Zlatin au collège de Belley.
Ils saluent son engagement indéfectible pour la création de la Maison d’Izieu et la mémoire des enfants de la Colonie auprès de Sabine Zlatin, dont il fut l’avocat au procès de Klaus Barbie en 1987, et s’associent à la douleur de ses proches.

Maître Roland Rappaport à la Maison d’Izieu, juin 1998.

HOMMAGE À

SIMONE VEIL

Simone Veil - 6 avril 2010 (© Maison d'Izieu)
C’est avec une grande émotion que nous apprenons aujourd’hui le décès de Simone Veil. Nous n’oublions pas l’honneur que nous a fait Simone Veil en venant à la Maison d’Izieu le 6 avril 2010, pour la commémoration de la rafle de la colonie.
À cette occasion, la présidente Hélène Waysbord, lui avait rendu le plus émouvant des hommages :
« Simone Veil arrêtée à Nice à la fin mars 1944, dans le rayonnement de sa jeunesse et de sa beauté, avait l’âge des aînés parmi les adolescents de la Maison d’ Izieu. De Drancy elle partit vers les camps de la mort par le convoi 71 avec sa mère et sa sœur. Dans ce convoi se trouvaient également 34 enfants d’Izieu. (…)
Je voudrais m’adresser tout spécialement aux jeunes qui nous écoutent, pour évoquer le sens d’une pareille destinée. Pour cette jeune fille heureuse, au sortir du baccalauréat, la première expérience du monde sera celle de la déportation à Birkenau, puis des marches de la mort jusqu’à Bergen-Belsen ou elle verra périr sa mère. Expérience terrifiante, mais fondatrice, que la jeune fille et la femme d’aujourd’hui ont toujours revendiquée comme telle. De retour en France Simone Veil se marie jeune, fonde une famille, part en Allemagne ou elle suit son mari. Le chemin de sa vie nous apparait aujourd’hui tracé avec une détermination inflexible dans les responsabilités successives qu’elle a occupées, jusqu’au plus hauts postes de la République et de l’Europe. Simone Veil sera la figure de proue de quelques-uns des plus grands combats du demi-siècle : les conditions de détention en prison, la liberté pour les femmes de choisir ou de refuser la maternité, la construction de l’Europe. Parallèlement elle ne cessera d’œuvrer pour que soit transmise avec rigueur et fidélité la mémoire de la Shoah.
Michel de Montaigne qui écrivit aussi dans un temps de barbarie en France, lors des Guerres de Religion à leur paroxysme à la fin du 16ème siècle, nous fournit toujours dans ses essais des enseignements à méditer. Je lui emprunte une phrase bien connue : Chaque homme porte en soi la forme entière de l’humaine condition. Quelle belle apologie de la responsabilité individuelle ! Il ne s’agit pas de se dérober en faisant référence à une forme de culpabilité collective institutionnelle, même si elle existe. Il ne s’agit pas non plus d’être écrasé. Chaque individu témoigne à son niveau et selon sa conscience, pour tous les hommes ou plutôt pour l’humain. Simone Veil incarne de façon achevée la leçon de Montaigne,  comme il est donné à peu d’êtres de le faire. Par chacun de ses actes, chacune de ses décisions, par la réussite de sa vie familiale et personnelle, elle a retourné l’inhumanité subie en combat pour l’humanité. Nous lui disons tous ensemble en ce haut lieu de souffrance et de mémoire notre admiration et notre affection. »
Hélène Waysbord-Loing, Présidente d’honneur de l’association de la Maison d’Izieu
Extrait de son discours du 6 avril 2010

Simone Veil aux côtés d’Hélène Waysbord, 6 avril 2010.